Il a dévoilé mardi à Avignon une nouvelle série de mesures pour les jeunes, premières victimes de la crise, dotée de 500 millions d'euros par an, dont l'extension sous condition du Revenu de solidarité active (RSA) aux moins de 25 ans qui travaillent. Inspiré des travaux agités de la commission de la jeunesse présidée par le haut-commissaire Martin Hirsch, le plan du chef de l'Etat prévoit aussi la création d'un service public de l'orientation, la lutte contre le décrochage scolaire pour les 16-18 ans, le versement progressif d'un 10ème mois de bourse aux étudiants et la relance du service civique.
Principale mesure, l'extension attendue du RSA aux moins de 25 ans qui étaient jusque-là exclus de son bénéfice. Nicolas Sarkozy en la confirmant l'a toutefois assortie de la condition impérative d'avoir travaillé au moins deux ans les trois dernières années, excluant de fait les étudiants assurant de "petits boulots".
"Je conteste l'idée que 25 ans soit une limite au-delà de laquelle on a un droit et en-deçà de laquelle on perd ce droit (...) elle est choquante", a-t-il justifié, "ces jeunes travailleurs méritent que la nation les valorise".
"Mon intention n'est pas d'instaurer un RMI jeune, que j'ai toujours refusé tout au long de ma vie politique, qui consisterait à faire de nos jeunes des assistés", a-t-il insisté, avant de lancer à sa majorité qu'elle devait "être ouverte sur la justice, pas sur l'idéologie".
Selon les estimations de l'Elysée, cette extension devrait bénéficier à 160.000 jeunes et coûter 250 millions d'euros, entièrement prélevés sur le fonds de financement du RSA.
A côté de cette mesure phare, M. Sarkozy a décliné sa détermination à faire en sorte qu'aucun jeune en difficulté ne puisse être "laissé seul à son sort" ou "sans emploi, sans formation".
Création de "plateformes régionales d'orientation
"Il a ainsi promis une réforme "de fond en comble" du système d'orientation, jugé "injuste". "L'idée qu'on puisse choisir sa vie à la suite d'un seul rendez-vous (...) est absurde", a jugé le président, revendiquant pour les jeunes le droit à "revenir sur son choix".
Autre préoccupation du président, la lutte contre ceux qu'il a appelés les "décrocheurs", c'est-à-dire les 120.000 jeunes de 16 à 18 ans qui quittent chaque année le système scolaire sans emploi ou sans formation.
"Dès la rentrée prochaine, nous mettrons en place un dispositif où tous les jeunes de 16 ans qui quittent l'école seront suivis, répertoriés, et où on leur proposera un emploi. Aucun jeune ne restera abandonné", a-t-il promis, "nous consacrerons cette obligation dans la loi".
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